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DAZZLED & CONFUSED

09.04.2009 - 17.04.2009

Entre maquettes et objets précieux, le travail de Florence Schmitt prend parfois l'apparence d'une scène abandonnée, vidée de ses acteurs, ses comédiens ou ses musiciens.

A l'origine de ces volumes il y a des objets parfois reconnaissables (du diamant au podium pour éléphant en passant par la pâtisserie), souvent réalisés en papier, parfois bricolés. Une pointe d'ironie réside dans le fait d’utiliser du papier brillant et des paillettes en pots pour imiter la laque et la peinture de carrosserie de ses aînés (Judd, De Cointet, Parrino, Coindet, Lambie). Nous nous retrouvons devant un finish-fetish-home-made accumulant les formes compulsivement afin d'obtenir, de façon théâtrale mais peu spectaculaire, le paysage ou le décor le plus apte à compter l'histoire du jour.
Mais c’est sans doute dans ce rapport ambigu que Florence entretient avec le coté formaliste de l’art minimal qu’il faut creuser pour avoir une réponse. Après observation, il persiste cette indétermination dans les formes. On ne sait pas très bien de quel bloc elles ont été extraites, si ce n’est celui de l’art minimal. Nous sommes face à un travail d’orfèvrerie géométrique, la plupart du temps sans titre, dont les angles saillants nous renvoient dans la même seconde au silex primitif et à la modélisation 3D.

Pour White Corners, Florence Schmitt a produit une installation réalisée in-situ où les sculptures dialogueront pour la première fois avec un wall-painting.

En avançant dans cet espace étrange, surgi une envolée de papillons abstraits, dont seules les ailes aveuglantes apparaissent dans une fresque noire et fluorescente. Ce wall-painting crée un endroit propice à la mise en valeur des sculptures, et offre une perspective singulière à la vision d’ensemble. La couleur se déploie en volumes sur plusieurs murs et nous propulse à l’intérieur de la boite à bijoux.
Dans l’art de se parer tout est aussi combinaison, de couleur et de formes, de brillance et de reflets. Attirant et enfantin, l’accord subtil s’échappe au-delà de juste plaire à ces enfants qui ont souvent envi de les toucher ou de les goûter. Les pièces apparaissent comme des formes mystérieuses, synthèse de références, pour lesquelles il ne manquait plus que la découpe révèle une laque noire luisante pour accéder à ce qu’elles ont à nous dire.
Dans les sculptures de Florence, les facettes et les différents angles de vue ont ce pouvoir de nous plonger dans un rapport presque kaléidoscopique avec les formes présentées. On ne sais plus de quel coté les regarder et sans pouvoir jamais les distinguer dans leur ensemble, nous sommes invités à tourner autour, égarés.

Dazzled & Confused est une exposition dans laquelle, ébloui et perdu, il faut veiller à ne pas heurter les sculptures en admirant la peinture.

IOP